Lancement de deux nouveaux projets pour renforcer la résilience écologique des îles Kneiss
L’Association de Continuité des Générations (ACG) a annoncé, mardi, le lancement de deux nouveaux projets destinés à renforcer les écosystèmes naturels et la biodiversité des îles Kneiss (délégation d’El Gheraiba), site classé Aire Spécialement Protégée d’Importance Méditerranéenne (ASPIM). L’annonce a été faite à l’occasion d’un atelier de lancement réunissant une large palette d’experts, de chercheurs, de représentants des institutions publiques et d’acteurs de la société civile.
Les deux projets, intitulés « Restauration et protection des écosystèmes naturels comme solutions d’adaptation au changement climatique au niveau de l’ASPIM des îles Kneiss » et «Solution bleue pour l’ASPIM Kneiss : restaurer les habitats marins face aux changements climatiques », sont mis en œuvre avec l’appui du Centre d’Activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (SPA/RAC) et bénéficient d’un financement de l’Union européenne dans le cadre de la protection de la biodiversité du site.
Les deux initiatives visent à renforcer la résilience des îles Kneiss face aux effets des changements climatiques, notamment l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, les perturbations des cycles naturels ainsi que les menaces pesant sur les oiseaux et les espèces marines.
Elles contribueront également à soutenir la mise en œuvre de la convention de cogestion de l’aire marine et côtière protégée des îles Kneiss, qui réunit l’Association de Continuité des Générations (ACG), l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral (APAL) et MedFund, dans une démarche de gestion concertée et durable du site.
L’atelier a rassemblé plusieurs partenaires scientifiques et institutionnels, parmi lesquels l’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer (INSTM), l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGED), des universités et laboratoires de recherche, ainsi que des représentants des secteurs de l’environnement et du tourisme.
Présentant le premier projet, la coordinatrice du site Kneiss, Sabrine Keskes, a indiqué qu’il prévoit la création d’un laboratoire vivant consacré au suivi des écosystèmes, la mise en œuvre d’actions de restauration écologique, notamment par l’installation de nichoirs pour les oiseaux et la plantation de salicornes, une plante halophile qui contribue à fixer les sols et à limiter l’érosion côtière, ainsi qu’une forte implication des communautés locales, en particulier des femmes et des jeunes.
Le second projet, a-t-elle ajouté, porte sur l’immersion de récifs artificiels au large des îles, en concertation avec les acteurs locaux. Cette intervention vise à lutter contre la pêche illicite, restaurer les habitats marins et mettre en place un dispositif scientifique de suivi des indicateurs biologiques et écologiques afin d’évaluer les impacts des actions entreprises.
La présidente de l’Association de Continuité des Générations, Sana Taktak Keskes, a souligné que cet atelier marque le lancement d’une nouvelle étape dans les efforts de conservation des îles Kneiss. Elle a rappelé que ces projets s’inscrivent dans une stratégie de long terme fondée sur une coopération étroite entre les institutions publiques, les organismes scientifiques et les organisations de la société civile.
Elle a également estimé que le financement obtenu, conjugué au renouvellement du classement des îles Kneiss en tant qu’ASPIM par le SPA/RAC, constitue une reconnaissance internationale de la valeur écologique exceptionnelle du site ainsi que de la qualité du travail accompli par les différents partenaires.
Le président de l’Association de Développement Solidaire de Sfax (ADSS), Riadh Haj Taieb, a salué l’approche participative portée par l’ACG et sa capacité à fédérer chercheurs, universitaires, experts, professionnels, associations et citoyens autour d’un objectif commun : préserver ce patrimoine naturel unique.
De son côté, le représentant de l’APAL, Ahmed Zadem, a souligné que la cogestion du site constitue l’un des principaux leviers pour garantir la pérennité des actions de conservation et la protection durable des îles Kneiss.
Enfin, le directeur régional de l’Environnement à Sfax, Brahim Ayadi, a proposé la création d’un musée écologique consacré aux îles Kneiss, au golfe de Gabès et à ses zones humides, afin de mieux valoriser ce patrimoine naturel exceptionnel et de renforcer la sensibilisation à la protection de la biodiversité.
